En investissant des espaces non dédiés à l’art, nous* espérons que les modalités de rencontre à l'œuvre favorisent d’autres perceptions du paysage qui poussent à se questionner plus largement sur des enjeux propres à notre société : mémoire de l’histoire, place de la philosophie, des technologies et pouvoir d’agir.
*nous désigne ici le fait que ces projets ont toujours été collectifs. Ils sont aussi l'occasion de rêver ensemble.
Avec Edouard Sufrin, Ross Alexander Payne.
électronique, acier
haut-parleur, batterie.
Sound Art Lab, Struer, Danemark
Cette création est un cadavre exquis inspiré par deux vestiges de la seconde guerre mondiale, le poteau tordu de l'ancienne usine de l'entreprise Bang & Olufsen, bombardée parce qu'elle participait activement à la Résistance et les ruines des bunkers nazis, aujourd'hui semi-ensevelis par les sables et la mer.
Nous avons récupéré, restauré et modifié un haut-parleur à compression et des boîtiers issus d'anciens stocks de l'entreprise puis développé des lecteurs audio autonomes afin de diffuser sur les bunkers une création sonore réalisée par Ross. Pour cette création, il a rédigé et lu un texte qui questionne la responsabilité des firmes et des industriels face à des systèmes politiques oppressants, et nous invite à nous inspirer de ces faits de résistance dans nos créations contemporaines.
L'ensemble de ces dispositifs de diffusion sonore sont restés au Sound Art Lab, qui occupe aujourd'hui cette ancienne usine bombardée afin qu'ils puissent être utilisés par d'autres artistes. Il est ici question pour nous de développer des outils facilitant les actes de création et donc de résistance.
Avec Edouard Sufrin, Jérôme Fino.
Bois, électronique, acier
haut-parleur, tissu, batterie.
DICRéAM de recherche, 2022, accompagné par le lieu Mains d'Œuvres.
L'Embobineuse, Marseille, 2023
Recherches, prototypage et assemblage : Edouard Sufrin, Jérôme Fino et Sonia Saroya
Design bois et menuiserie : Frédéric Pavageau
Mesures et optimisation : Camille Jamain et Victor Maquet
Design textile : Sonia Saroya
Réalisation textile : Sonia Saroya & Cedric Cailliau
Bruit de fond est une série de 5 enceintes audiophiles sur batterie, transportables en sac à dos. Cette œuvre-outils est pensée comme un dispositif permettant de mettre en œuvre une multitude d’expériences de musique en mouvement et d’installations sonores in situ. Il facilite le dialogue entre une création et un lieu ainsi que la collaboration entre artistes de divers domaines (musique, arts visuels, théâtre et danse). De la menuiserie au sac ainsi que tout le travail d’électronique et de paramétrage ont été réalisés artisanalement.
Ici, les images de :
la balade sonore sur le massif de l'Étoile à Marseille.
Composition réalisée par Diane Barbé et Mihaela Trifa. Avec l'Embobineuse.
Des expérimentations dans les bois.
Des expérimentations dans les carrières de calcaire.
Avec Edouard Sufrin
Installation in situ, circuits électroniques, haut-parleurs.
Projet réalisé pour Sonic Promenade par Sonic Protest.
Bois de Vincennes
Dans le bois de Vincennes, des voix, des sons, s’échappent des arbres. Les visiteurs, d’abord guidés par l’étrange son d’oiseaux synthétiques, de rires, entendent ensuite la voix de Gilles Deleuze qui nous parle de l'Université désormais disparue, des prostituées racontent leurs quotidiens, les gardes forestiers décrivent la reproduction des tritons. Extraits de reportages sur la biodiversité, sur la préservation des arbres et des espèces, témoignages de ceux qui y travaillent, de ceux qui y vivent mais aussi de pêcheurs, de joggeurs, de voyeurs. Ces témoignages sont issus d’une bibliothèque de samples, composée à partir d’une exploration des ressources en ligne.
On découvre que pour certains, le bois est un espace de rencontre pré-Tinder, que pour d'autres c'est un espace de détente pendant que d'autres encore y trouvent le lieu où partager leur culture. Ainsi se dresse un portrait d'un bois macro-monde, un peu étrange, inquiétant, parfois dérangeant, à l'image de notre société. Une matière empreinte de second degré qui donne à philosopher sur nos environnements urbains.
avec Edouard Sufrin
Modules électroniques autonomes,
sonores et lumineux.
Nuit Noire, 2015.
Nuit Noire, 2016.
Concerts dispersés,
Centre d’Art Contemporain
de Cajarc, 2017
La Gaîté Lyrique, 2018.
Ces lucioles sont la métaphore
d’humains qui préservent leur culture
populaire en résistant aux pressions
politiques. Même si cette résistance ne semble
être qu'une faible lueur dans la
nuit, égale à celle d'une petite luciole, elle insuffle l’idée que sans cesse, nous
réussirons à échapper aux miradors de notre époque.
L'installation Les lucioles est inspirée par l’essai
Survivance des lucioles de
Georges Didi-Huberman.
En analysant une lettre écrite par
Pasolini à son ami Franco Farolfi
en 1941, il fait une analogie entre
perturbations écologiques, disparition des lucioles et les
troubles politiques qui perturbaient l'Italie à cette époque.
Ce projet a continué d’évoluer selon les contextes où il a été présenté. Aux modules lumineux
sont venus s’ajouter des versions sonores, qui interagissent avec leurs congénères.
Cela a donné naissance à une série d’ateliers visant à initier des néophytes
à la pratique de l’électronique. Ces ateliers furent un contexte intéressant
pour échanger sur le fond du projet et partager la réflexion de Pasolini et les
interprétations de Didi-Huberman.